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L’étonnement : une habitude simple qui améliore le bien-être… au travail comme ailleurs

On parle souvent de gestion du stress, de productivité, de performance ou de résilience. Mais une capacité beaucoup plus discrète influence tout ça : la capacité de s’étonner.


Pas dans le sens d’être impressionné par quelque chose d’extraordinaire. Plutôt dans le sens de remarquer, vraiment, ce qui est déjà là.



Et la recherche en psychologie positive commence à bien documenter que cet état mental n’est pas anodin.


Ce que la science appelle “awe”

En psychologie positive, on utilise le terme “awe” pour décrire un état d’émerveillement ou d’étonnement face à quelque chose de plus grand que soi ou simplement inattendu.


Les travaux de chercheurs comme Dacher Keltner et Barbara Fredrickson montrent que cet état a un effet mesurable sur notre fonctionnement psychologique : il modifie temporairement notre attention et notre perception de soi.


Concrètement, l’attention sort du mode centré sur soi (stress, tâches, performance, préoccupations) pour s’ouvrir à l’environnement.


Ce simple déplacement a des effets intéressants sur le bien-être.


Ce que les études montrent

Sans exagérer les résultats, la littérature scientifique associe l’émerveillement à :

  • une diminution du stress perçu

  • une augmentation du bien-être subjectif

  • une amélioration de la régulation émotionnelle

  • une perception du temps plus “étendue”

  • une ouverture sociale accrue (plus de coopération, d’empathie)


Ce n’est pas une technique de performance. C’est un ajustement de l’attention.


Pourquoi c’est particulièrement pertinent au travail

Dans plusieurs milieux de travail modernes, l’attention est constamment fragmentée : courriels, réunions, urgences, notifications, multitâche.


Ce mode de fonctionnement favorise l’efficacité à court terme, mais il réduit aussi la capacité à réfléchir, à se réguler et à voir autrement.


L’étonnement agit ici comme un contrepoids simple : il ramène le cerveau dans un mode plus ouvert et moins réactif.


Même quelques secondes suffisent pour interrompre un automatisme mental.


Et si la nature était un raccourci?

Un des déclencheurs les plus fiables de l’étonnement, selon plusieurs études, c’est le contact avec la nature.


Ce n’est pas surprenant : la nature est riche en motifs imprévisibles, en variations subtiles, en textures et en dynamiques vivantes.


Des recherches montrent que même de courtes expositions à des environnements naturels peuvent :

  • réduire la tension mentale

  • améliorer l’humeur

  • restaurer l’attention dirigée (fatiguée par les écrans et le multitâche)


C’est ce qu’on appelle parfois la théorie de la restauration de l’attention.


Et concrètement, ça peut être aussi simple que :

  • regarder le ciel quelques instants entre deux tâches

  • marcher dehors sans objectif précis

  • observer un détail naturel autour du lieu de travail

  • ouvrir une fenêtre et laisser le regard décrocher


Une compétence utile en milieu de travail

L’étonnement n’est pas une distraction. C’est une micro-interruption du mode automatique.


Et dans un contexte professionnel, ça peut soutenir :

  • une meilleure clarté mentale

  • une réduction de la surcharge cognitive

  • une communication plus ouverte

  • une créativité plus accessible

  • une capacité accrue à prendre du recul


Ce n’est pas une question de “faire moins”, mais de “voir autrement”.


Une pratique simple

On n’a pas besoin de changer son horaire pour intégrer ça.


On peut commencer très simplement :

  • s’arrêter 10 secondes avant de passer à une nouvelle tâche

  • remarquer un détail dans l’environnement immédiat

  • laisser une situation être nouvelle, même si elle est familière

  • sortir du mode “résoudre” pour revenir en mode “observer”


Ce sont de micro-moments, mais ils s’accumulent.


En résumé

L’étonnement est une compétence attentionnelle souvent sous-estimée.


La science en psychologie positive suggère qu’elle influence directement notre bien-être, notre régulation émotionnelle et même notre manière d’interagir avec les autres.


Et dans un monde où tout va vite, apprendre à remarquer ce qui est déjà là — surtout dans la nature ou dans le quotidien professionnel, devient une forme de stabilité mentale.


Pas spectaculaire. Mais profondément utile.


Des conférences qui font du bien

Ce thème s’inscrit aussi dans mes conférences bien-être, où j’explore comment des pratiques simples et ancrées dans la science peuvent être intégrées concrètement au quotidien professionnel et personnel. L’objectif est de ramener de la présence, de la clarté et un meilleur équilibre, sans ajouter de complexité inutile à des vies déjà bien remplies.


Marie-Eve Ricard, marieeve@marieevericard.com


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